15 / 10 / 2005
INHUMATE 15th Anniversary Show
Strasbourg (France)

Deranged
Inhumate
Ingrowing
Mumakil





AFFLUENCE

297



COMPTE RENDU :

15 ans, l’âge de l’adolescence, celui des doutes, des conflits intérieurs, de l’éveil aux sens, où l’appareil dentaire et l’acné persistante peuvent devenir un sacré handicap social et affectif ; mais cette période bancale est également annonciatrice de renaissance puisqu’elle nous fait passer de l’état d’enfant à celui d’adulte... Et bien, la Bête Inhumate, du haut de ses 15 ans, n’est certes pas boutonneuse et, des doutes sur l’avenir ils n’en ont sûrement pas car c’est bel et bien une formation au top de la brutalité et de l’efficacité qui nous conviait ce 15 octobre 2005 à un show anniversaire plus tiré de l’horror picture show que de la Boum avec la belle Sophie....

Départ de mon 59 natal avec les gars de Goryptic et de trepan’dead, le Doc Gore, nos femmes et tout un attirail pour tenir un siège ; direction Strasbourg pour un week-end qui s’annonce destructeur, au vu de l’affiche concoctée par les gaillards d’Inhumate... Quelques cinq heures de route plus tard nous voilà chez Sam pour l’apéro, puis direction la « petite laiterie », enfin je suppose que c’est ainsi que s’appelle cette annexe de la Laiterie, qui soit dit en passant n’est pas des mieux configurée à mon goût : la salle en elle même, tout en pouvant lui reprocher de ne pas être assez profonde, (quoique du coup, personne n’échappe à la fosse et dès qu’en bord de scène ça bouge, tout le monde est obligé de suivre !) est des plus sympathiques ; par contre l’accès au bar collé à l’entrée de la salle, elle même collée au couloir qui sert à la distro des groupes, collé à l’entrée caisse et ticket boisson, laisse à désirer puisque bien évidemment dès qu’un groupe finissait de jouer, cette espace exigu était saturé de monde ce qui rendait tous déplacements impossibles, d’autant plus que ce soir là il devait y avoir plus de 300 personnes et comme toute sortie est définitive, si l’ambiance est survoltée, cela peut vite devenir étouffant !

Et bien évidemment, ce fût le cas ce samedi... Dès les premier pas à l’intérieur, on sent bien que la soirée sera particulière et d’un niveau de sauvagerie optimum. Cela se sent dans les yeux de chacun, dans l’atmosphère saturée d’énergie....

Les Mumakil débarquent sur scène.... Les suisses clôturent là une tournée de quinze jours et sont d’une efficience redoutable, nous donnant l’impression dès les premiers titres, que cela fait déjà deux heures que nous nous prenons du son dans la gueule ! Un peu comme une relation sexuelle qui commencerait, non pas avec des petits baisers dans le cou et autres préliminaires, mais bel et bien par une bonne grosse sodomie à sec, ça défouraille et ça arrache tout ! Ca grouïng, ça blaste, ça joue lourd, ça reprend du Napalm, du gros grindcore saupoudré de goret ! Mumakil sont indéniablement voués à faire de plus en plus parler d’eux, et le premier album qui ne saurait tarder devrait être explosif et laisser tout le monde sur le carreau ! Le public est déjà déchaîné et on ne pouvait espérer mieux comme entrée en matière ! Après une quarantaine de minutes de guerre, les quatre gaillards repartent s’abreuver... Nous aussi !!!

Direction le bar puis la distro ou je tombe sur Xav et Fred de Blockheads, qui soit dit en passant, nous préparent également un nouvel album qui devrait nous laminer le cervelet, soyons en sur ! quelques poignées de mains plus tard et nous revoilà au milieu de la meute pour se prendre en pleine tronche le death grind du quatuor tchèque, Ingrowing, présent pour une date unique et qui était déjà venu en France il y a quelques mois pour délivrer un show dévastateur lors du dernier Bestial Experience festival. Et là, on comprend pourquoi fred/inhumate nous en parles à chaque occasion, c’est énorme ! De diou, je ne connaissais pas bien mais on avait avalé le dernier skeud dans la voiture et ça le faisait grave. Une fois le nez dessus, le moins qu’on puisse dire c’est que les barbares n’ont pas fait le déplacement pour rien ! Une maîtrise scénique parfaite, un bassiste chanteur charismatique, pas avare en échange verbal avec le public, un batteur déchaîné, une énergie et une générosité énorme. D’ailleurs sur tout le set, l’ambiance n’est pas retombée une seule fois ! Le public est accroché et le groupe ne joue plus seulement pour nous, mais avec nous ! Une bonne claque, on sent là toute la chaleur d’un bon grind bien envoyé et superbement exécuté. Ils nous sortent un petit Terroriser de derrière les fagots et n’oublient pas de remercier tout le monde, notamment le « boys band » français qu’est Inhumate ! on les retrouvera plus tard à l’after, encore plus fous sans instru qu’avec !!!

Allez, vite fait on essaye d’aller prendre l’air dans la zone tampon entre l’extérieur et le chaudron devenu haut fourneau, bières, potes et on est à nouveau de retour dans l’arène, car une fois de plus avec Grind Your Soul, le timing est respecté et les sets s’enchaînent assez rapidement. Voilà les suédois de Deranged, également venu spécialement pour cette date, qui nous envoient leur brutal death en pleine poire. Le trio est certes survolté mais les plans ultra rapides et techniques et surtout les petit solos heavy finissent par laisser la température intérieure redescendre. La preuve en est que la fosse est d’un coup beaucoup moins chaloupée ; ça continue de réagir, bien évidemment, mais avec moins de folie. C’est la première fois de la soirée que je pense au son... Jusque là l’énergie avait été suffisante pour gommer les quelques imperfections sonores mais là, du coup, j’y prête plus attention : la batterie n’est pas triggée et je m’en rends seulement compte. Bref, un bon set de deranged, mais pas avec la même énergie que ses deux prédécesseurs...

On se met une dernière mousse à deux euros cinquante – Ils ne se font pas chier à la laiterie - et on se prépare pour l’ultime assaut de la soirée : celui des locaux d’Inhumate grâce à qui ce fest s’est fait et qui sont attendus par toute une cohorte d’excités ! Ceux qui fêtent là leur 15 ans de grind, de death, de sueur et de rage, 15 ans d’autoproduction, d’engagement dans la scène underground, qui après quatre albums et une multitude de concerts un peu partout en Europe arrivent toujours sur scène avec autant de mordant, de détermination et d’excitation qu’un troupeau de jeunes puceaux devant la croupe débordante et blanchâtre d’une mère maquerelle présentant tous les charmes et les atouts de son équipe de donzelles ! Ils balancent quelques minutes et puis le noir se fait sur scène... Je suis collé aux planches qui la composent, c’est le brouhaha derrière moi, ça gronde comme avant l’orage, du son monte progressivement en guise d’intro, ça commence à pousser dans mon dos, je n’arrive déjà plus à me retourner, et d’un coup, toujours dans l’obscurité, on entend un « boum-boum-boum-boum » lugubre, sombre, et les lights arrosent la scène de leurs feux colorés, nous dévoilant un spectacle digne d’une fresque de Jérôme BOSCH : Chris le chanteur est un véritable monstre de furie, les « boums » venaient de son SM58 qu’il s’explosait sur sa boîte crânienne ! En sang, debout, il est le maître fou de cette cérémonie endiablée, l’apocalypse commence tout de suite, pas de montée en pression, c’est tout de suite un combat de gladiateurs ! Je lutte pour ne pas être renversé, je suis comme tout ceux se trouvant contre le bois, écrasé par le flot venant du fond de la salle et qui se brise, telle une vague écumante sur le récif formé par nos carcasses tremblantes et là, je perds toute possibilité de lucidité, d’analyse objective, je suis passé de l’autre côté, celui de l’instinct, de l’émotion exacerbée, je ne suis plus qu’un élément de ce monstre hybride qui s’agite de soubresauts frénétiques, une cellule parmi d’autres qui bataillent et qui s’animent aux rythmes des blasts balancés. Je cherche l’air qui pourrait me redonner un peu de vivacité, en vain... Je n’arrive même plus à crier ! C’est véritablement le bordel, le public a pris le bateau à l’abordage, rendant le jeu difficile à assurer. Certains, hagards, ne comprennent même plus qu’ils ne faut pas rester là, plantés comme des souches mortes gâchant le paysage ; on ne voit plus les membres du groupes, submergés par ces corps inertes ou épileptiques, ces blocs de chairs ruisselant qui obstruent le devant de la scène. L’un après l’autre, les musiciens sont portés à bout de bras, les slams sont permanents, constants, abusifs mais jouissifs ; Inhumate ont ouvert la boîte à Pandore et maintenant il n’y aura quasiment plus de frontières entre eux et nous.... Je ne sais plus le temps que cela a pris, l’ordre des titres balancés, je sais encore qu’ils ont dédicacé méthodiquement bon nombres de leurs morceaux à tout ceux qui les soutiennent, les groupes présent dans la salles, les anciens membres du groupes, leur familles, leurs femmes, qu’ils sont revenus en rappel, qu’ils sont allés piocher, pour façonner leur set list, dans leurs divers albums à fin de nous proposer un set ultra brutal, des titres joués tellement vite qu’ils en étaient beaucoup plus courts que sur support, et qu’ils nous ont même balancé en pleine face deux nouveautés exclusives, les premiers fruits du cinquième volet de leur heptalogie, et enfin qu’ils y avait huit caméras de TDK prod chargées d’immortaliser cette instant de fureur... Pour un futur DVD qui sait ?

il m’a fallut du temps pour redescendre, pour revenir à un état normal et reprendre mes esprits... Ce fût véritablement une soirée de folie que nous ont proposer Grind Your Soul, une soirée avec quatre groupes de tête d’affiche, et ce qui est sur, comme l’affichait le slogan au dos des T-shirts faits pour l’occasion, Inhumate c’est « 1990-2005... 15 years of Soul Grinding !!! » avec trois petits points après l’année 2005, car assurément, Inhumate ont encore de longue années de grind devant eux ! Sick and proud, so are Inhumate !!!

La soirée s’est terminée en petit comité, ailleurs, pour un after arrosé et organisé par tous les proches musicalement et amicalement d’Inhumate avec quelques surprises préparées dont un tribute intimiste enregistré par divers groupes. Mais, tout ceci est une autre histoire, une histoire de famille.....

Chris/trepan pour Bestial Experience.

 

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