24 / 10 / 2009
United Sickness Fest #2
Selestat (France)

(co-produit avec Zone 51)

Inhumate
Agon
Diluvian
Untamed
Molosse
Calciferum
Malariah
Xaros

 

 





AFFLUENCE

environ 340



COMPTE RENDU :

En cette froide soirée d’octobre, les métalleux alsaciens fans de grind, de death et autres black metal, sont venus nombreux à la salle des Tanzmatten de Sélestat. La salle est notamment connue pour accueillir chaque année le festival "Léz’ arts scéniques" mais ce soir elle laisse place à des groupes pour beaucoup régionaux et pour certains encore « débutants ».

Notons la présence d'un Stand Amnesty International vers le merchandising, dont les représentants avaient l’air d’avoir un peu peur des hurlements qui s’échappaient de la salle !

Premier groupe de la soirée, Xaros a donc la lourde tâche d’entamer son set alors que la salle n'est pas encore remplie. Le groupe se qualifie très justement de porno grind gore, ce qui consiste en gros à hurler, hurler et hurler sur de la musique… hurlante. Ils n'ont beau être que trois, le groupe arrive très bien à occuper l'espace, ce qui n'est pas chose aisée étant donné la taille de la scène.
Il est difficile de cerner la musique du combo, le son lui faisant défaut : l'absence de basse engendre un flagrant manque de patate tandis que l'unique guitare crache un son nasillard qui la rend difficilement audible. Malheureusement, les autres groupes auront globalement le même problème, dommage pour une si belle salle.
Les Xaros enchaînent les titres alors que la foule afflue au fur et à mesure. La formation termine son set dans une fureur naissante qui laisse présager de bonnes choses pour la suite des événements.

Lorsque Malariah entre en scène, quelques étroits esprits commencent à ricaner sous cape en constatant le jeune âge des musiciens. Bien mal leur en prend car lorsque les deux vocalistes ouvrent la bouche, ça fait mal. En effet les grunts et screams du groupe sont impressionnants et leur énergie est communicative : si le public regarde au départ le show d'un air dubitatif, il se laisse vite entraîner dans quelques pogos et slams intempestifs. Le groupe s’est enrichi de nouveaux membres qui font leurs preuves ce soir. Les musiciens sont complémentaires les uns des autres, ce qui donne un cocktail détonnant. D’ailleurs le public l’a bien ressenti. Au niveau du son, rien de neuf : des grattes toujours aussi nasillardes quoiqu'un peu mieux équilibrées quand même...
Pour résumer, une bonne énergie, un potentiel certain, mais tout ça est encore quelque peu brouillon.

USF2 

Calciferum, du death fédérateur

Changement de tempo avec le groupe de death/black metal strasbourgeois Calciferum. Un tantinet plus mélodique que les deux précédents tout en restant très brutal, les musiciens headbanguent en simultané et rappellent parfois Amon Amarth. Les spectateurs ne s’y trompent pas et se jettent à nouveau dans la mêlée pour un pogo endiablé, acclamant chaque fin de titre. Les chansons s’enchaînent avec des titres qui ne prêtent pas à confusion : "Burn Them all" et autres "Prepare The War" donnent matière à s’amuser aux joyeux métalleux présents dans la salle.
Le quintet donne une prestation carrée dans l’ensemble, surtout pour un groupe ayant une expérience de la scène encore restreinte. Ils nous quitteront après leur meilleur titre « Pagans Remain », innovant et entraînant. Un groupe à suivre s’il on en croit une bonne partie du public qui scande encore « Calciferum !!!» à la fin du show.

USF2

Molosse

Ce sont maintenant les Molosse qui entrent en scène. Suite logique de la soirée, ils proposent un gros metal avec des riffs arrache-nuque. Alex, à la batterie, joue bien son rôle de chef d’orchestre et mène le groupe avec des rythmiques simples mais puissantes. Landry, au chant, envoie tout ce qu’il a alors que Gilles à la guitare pose ses gros riffs en soutenant son compère avec sa voix si particulière. Jonas, quant à lui, s’occupe de gratiner le tout avec sa basse et se permet également quelques backing vocals qui boostent l’ensemble. Un groupe à voir sur scène pour mieux prendre conscience de son potentiel. Le public, toujours aussi réceptif, a notamment offert un joli braveheart au combo alsacien.

USF2

Untamed, grind jusqu'à la moëlle

Retour au grind pur avec Untamed. Une prestation 100% grind, même dans le son, qui plaira aux amateurs du genre. Nous avons droit à un show brutal de fous furieux : du blast avec quelques rythmiques typiques bien "festives" (vous savez, ce « tou ta tou ta » bien lent... oui, à Radio Metal nous sommes très doués en voice drumming comme vous le remarquez !) jouées par Jérémy, accompagnées d'une basse (Nini) et d'une gratte (Ptiot) aux riffs lourds et tout aussi sympas. Mais avant tout, c'est le chant qui marquera les esprits : quelle puissance ! Quel souffle !
Le public quant à lui, se maintient dans un registre équivalent de pogos et de slams déchaînés.

USF2

"Putain c'était la guerre"

Difficile d'être objective après la prestation de Diluvian. C'est très simple, ce soir, Diluvian a atomisé le Tanzmatten. Pour les présentations, il s'agit d'un groupe de death metal à tendance technique avec des membres tous aussi imposants scéniquement les uns que les autres.
Seul le guitariste Mickey (anciennement chanteur du groupe Recueil Morbide), nouveau dans la formation, reste un peu en retrait, ce que l'on peut comprendre. "Dut’s" à la guitare impressionne, headbanguant un genou à terre façon « hélicoptère » et sautant dans tous les sens. Bubu, le batteur, est une véritable machine. Trivette, figure charismatique du groupe, avec sa "tête de barjo", rappelle dans ses headbangings le frontman de Cannibal Corpse. Le bassiste, également très présent, opte pour un style accroupi façon Suicidal Tendencies. Imaginez ce que peut donner sur scène ces cinq personnages ensemble...
"Putain c'était la guerre", lancera Trivette avant de quitter la scène.
Efficace !

USF2

Agon

C’est au tour d’Agon et leur death metal efficace, d’entrer en scène avec la mission de préparer le public au coup de grâce des Inhumate. Dès les premiers titres, on soulignera tout de suite la grosse présence scénique et le coffre monstrueux de Régis.
Il impose.
Dans la foulée, on remarquera Olivier à la batterie avec un style propre, quelques fois enrichi par des petites touches « jazzy ». Tout ca soutenu par Alexandre et Christophe aux guitares ainsi que Sébastien à la basse dans une ambiance toujours aussi énergique. Les compos sont agressives et constantes, le style efficace et percutant. Le public réagit très bien et ne montre aucun signe de faiblesse, ce qui laisse présager une sacrée ambiance pour le show final.
Mission accomplie pour Agon qui sort de scène avec les applaudissements d’un public en fusion.

USF2

Inhumate

Quelques minutes pour souffler et boire un coup et on entend déjà depuis le hall les cris de Christophe, le chanteur d’Inhumate. Dès le début du set, l'homme rentre en transe : il faut le voir pour comprendre. Les autres membres le rejoignent aussitôt : Inhumate, que l'on ne présente plus, est parti pour environ une heure de show. Christophe semble extérioriser tout ce qu’il a enfoui au au plus profond de son être: il devient comme fou et, c'est un classique pour lui, éclate le micro sur son front.
Micro qui, par ailleurs, rendra l'âme à la fin du morceau "Underground".
Christophe représente à lui seul ce qu'est le grind : un défouloir sans limites. A ses cotés, on trouve le bassiste Fred. En véritable showman, il envoie une patate d’enfer avec son jeu de scène et rajoute en prime quelques backing vocals. De l’autre coté, on trouve Damien à la guitare. Membre depuis bientôt trois ans, l'homme est dans son élément, donne tout ce qu'il a sans pour autant sauter dans tous les sens, et soutient également Christophe avec des backing vocals criés. Derrière les fûts, Yannick fait son travail de rouleau compresseur.
Les 22 titres vont s’enchainer à la grind : sans temps morts.

USF2

Christophe : extérioriser...

Ce qu'il y a retenir, ce n'est pas tant le jeu scénique en lui-même, mais bien le message : « lâchez vous, libérez vous de toute ces merdes que vous gardez en vous, extériorisez ». Il n'en faudra pas plus au public, à l'écoute de manière fidèle malgré un son limité : beaucoup trop de basse, pas assez de guitare.

Et après un "braveheart", une bonne centaine de slams et pas loin d’une heure de pogos, le set se termine. En sortant, le public a l’air fatigué, mais heureux.

Live report : Hélène, Damien Dausch
Photos : Céline Chasez

 

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